Trop souvent encore, le seul nom de Kâma Sûtra reste lié, dans l'imaginaire du plus grand nombre, à une suite d'estampes où l'érotique le disputerait au pornographique. Sans rien y connaître, sinon sa réputation graveleuse, on évoque alors pêle-mêle, dans un joyeux désordre orchestré par sa propre ignorance et ses fantasmes, des postures étranges, des corps enchevêtrés et ahanant de concert, des unions contre-nature…

Pour les avertis en matière de sexualité, le Kâma Sûtra n'évoque, en revanche, rien de ces orgies. A l'ère de l'image audiovisuelle et de l'Internet, ce vieux livre n'est absolument pas synonyme d'excitation et se résume à des positions amoureuses vues et revues, des enluminures naïves fleurant l'Orient et exotisme suranné, des statues poussiéreuses surprises en pleine copulation immobile. Rien de bien apte à déclencher un priapisme salutaire.

Le Kâma Sûtra n'est, en fait, ni l'un ni l'autre. Ce Livre de l'Amour, car c'est ainsi que le traduit l'histoirien Jean Papin, constitue l'une des pierres angulaires de la littérature mondiale. Ecrit vraisemblablement entre le deuxième et le sixième siècle de l'ère chrétienne, cet ouvrage échappe à toute classification. Il est, tout à la fois, traité de philosophie, témoin du passé, ouvrage sociologique patiné d'humour et de sarcasmes. Mais aussi recueil poétique, livre de cuisine et de magie, manuel éducatif, guide de savoir-vivre pour les notables raffinés et les courtisanes, codes religieux, juridique et moral. Et, bien évidemment, ouvrage érotique !

Toutefois, sur les sept chapitres qui composent le Kâma Sûtra, notre civilisation occidentale n'en a retenu qu'un : celui qui traite de l'union sexuelle et des positions amoureuses.

 
Les textes amoureux à travers l'histoire

Le Kâma Sûtra ne constitue que l'un des recueils de textes ayant trait à l'érotisme. Depuis que l'écriture existe, le thème des relations charnelles a inspiré de multiples auteurs, romanciers et poètes, à travers les âges et tout autour du globe.

Ainsi, on peut citer, dans un inventaire à la Prévert : Apollinaire ( Les 11 000 verges), le Marquis de Sade (Justine ou les malheurs de la vertu), Pierre Louÿs (Les chansons de Bilitis), L'Arétin (Sonnets luxurieux), Blaise Cendrars (Emmène-moi au bout du monde), Emmanuelle Arsan (Emmanuelle), Alina Reyes (Le boucher), mais aussi de nombreux poèmes de Verlaine, Baudelaire, Francis Carco, etc.
 
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